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Doigt à ressaut
(ou ténosynovite sténosante)


La définition

Il s’agit d’un conflit entre le tendon fléchisseur et une de ses poulies (notamment la poulie de la base du doigt appelée « A1 ») - qui forment un tunnel permettant d’appliquer le tendon contre le squelette. Il existe un épaississement inflammatoire du tendon et/ou de la poulie A1 empêchant le bon coulissement du tendon, qui finit par se bloquer soit partiellement soit totalement.


Quelles en sont les causes ?

La plupart du temps, aucune cause n’est retrouvée et l’on dit que l’origine est « idiopathique ». Parfois, son origine peut être secondaire à des pathologies telles que le diabète, l’amylose, les rhumatismes inflammatoires, etc…


Quels en sont les symptômes ?

Cela se manifeste par un blocage du doigt soit en position fermée (en flexion, dans la majorité des cas), soit dans la position étendue (en extension – plus rares) et qui nécessitent le « déblocage » par la main opposée. Dans les formes plus modérées une simple sensation  d’«accrochage » du doigt lors des manœuvres de flexion-extension se faire ressentir. Cela s'accompagne très souvent de douleurs à la face palmaire du doigt, à sa base. Un petit nodule est en général palpé à ce niveau.


Quels examens peuvent être demandés ?

Une échographie peut être demandée pour confirmer le diagnostic.


Comment traite-t-on ce syndrome ?

La guérison spontanée en cas de forme modérée peut se faire dans 50% des cas sur 6 à 8 mois.

L’injection de dérivés cortisonés est en général proposée puisqu’elle permet la régression de la symptomatologie dans 70% des cas.

En cas de récidive malgré 2 injections, une intervention chirurgicale sera proposée et consistera en une ouverture de la poulie A1 pour lever le conflit entre celle-ci et le tendon  par une petite incision dans le pli naturel de la paume de la main. Dans les cas les plus sèvères où il existe une raideur de l’articulation du doigt, une résection de la moitié d’un des tendons fléchisseur du doigt peut être effectuée.

Cette intervention se déroule en ambulatoire. Dans les suites, un pansement est laissé en place pendant 10 jours. Le doigt peut être mobilisé immédiatement, aucune attelle n’est à prévoir. La cicatrice peut rester sensible pendant quelques semaines. De la kinésithérapie et de l’auto-rééducation n’est en général que rarement nécessaire (formes sévères).


Quels sont les risques de l’intervention ?

Ils sont rares :

  • Les risques inhérents à toute chirurgie (<1% des cas) :

    • le syndrome douloureux régional complexe (anciennement « syndrome algoneurodystrophique ») : la main est rouge, chaude, gonflée, douloureuse avec des douleurs « électriques » permanentes. Ce syndrome peut durer plusieurs mois.

    • l’infection (phlegmon de la gaine des fléchisseurs)

    • la désunion cicatricielle.

  • Raideur du doigt : en cas de défaut de mobilisation du doigt en postopératoire ou en cas de forme sévère. Des séances de rééducation vous seront alors proposées.